Népal: Mardi Himal trek, 1ère journée

Depuis que j’ai pris la décision de venir au Népal, mon but était évidemment de faire un trek. Je suis donc allée m’installer à Pokhara pendant quelques semaines pour travailler et me constituer un budget pour le trek (4 à 5 heures par jour, 6 jours par semaine) et m’entraîner un peu à grimper des côtes. J’étais dans l’incertitude totale concernant la logistique (avec qui, où, à quelle date?) mais j’avais 3 semaines/1 mois pour m’organiser, j’étais confiante! Ma préférence allait vers le trek du Mardi Himal mais j’étais ouverte à toute proposition de beau trek de 5 à 7 jours. Mon plan B si je ne trouvais pas de compagnons était de faire le trek de l’Anapurna Base Camp, tellement populaire qu’il est possible de le faire en solo (au cours de ce voyage j’ai rencontré plusieurs personnes qui l’ont fait).

“The Improv’ Crew”

Après une dizaine de jours, grâce à la magie d’internet, j’ai rencontré James qui voulait partir à l’aventure sur le sentier qui mène au camp de base du Mardi Himal, un “petit” sommet (5587m) aux pieds de l’imposant Machhapuchhre / Fishtail (6993m) qui domine les environs avec sa forme triangulaire ressemblant vaguement à une queue de poisson (d’où son nom en Népalais et en anglais).

Ses disponibilités correspondaient aux miennes et on avait l’air sur la même longueur d’onde donc mission accomplie: j’avais réussi à me trouver un compagnon de trek! En bonus, j’avais 15 jours pour me préparer (permis, équipement, informations…), le grand luxe!

Au final, nous sommes partis à 4.

Notre groupe est donc né à l’initiative de James, un Australien de 40 ans qui venait au Népal pour à peine 10 jours, le temps de faire le trek, son cadeau d’anniversaire. Il a posté une annonce sur le site trekkingpartners.com à laquelle Peter, un autre Australien (routier sympa de 57 ans), Monica (Colombienne, 42 ans) et moi avons répondu. Nous étions en contact par Whatsapp pendant les semaines précédent le trek et nous sommes surnommés “Improv Crew” à cause de notre organisation assez approximative (pas tant que ça en fait mais on se posait beaucoup de questions!) 🙂

J’ai pu rencontrer Monica quelques jours avant le départ et le courant est bien passé puis nous avons dîné tous les 4 quand les garçons sont arrivés à Pokhara, la veille du départ. Un peu tard pour faire marche arrière si ça ne collait pas mais toujours possible! Il est toujours un peu risqué de s’embarquer pour un trek avec des inconnus en sachant qu’on va devoir passer 5 ou 6 jours ensembles 24h/24, sans vraiment connaître le niveau de forme de chacun, mais franchement ça s’est super bien passé. Chacun a eu ses moments à l’avant ou l’arrière, tout le monde était respectueux et pas compliqué, on était contents de discuter mais chacun savait aussi apprécier la beauté du moment en silence, on était globalement sur la même longueur d’onde (cette photo n’est absolument pas représentative de la réalité, tout le monde préférait profiter du paysage avec ses yeux et on s’accordait juste quelques pauses-photos mais là la brochette de photographes sur fond de montagne était trop belle pour que je laisse passer l’occasion de faire ce cliché!).

Niveau affinités c’était un peu les garçons d’un côté, les filles de l’autre (comme pour la répartition des chambres) mais du coup notre groupe était assez équilibré et nous avons passé de bons moments à jouer aux cartes au coin du feu en regardant les orages.

Atteint d’insuffisance pulmonaire, Peter avait apporté un petit appareil pour mesure le taux d’oxygène dans le sang et le rythme cardiaque. C’est rapidement devenu un jeu, on contrôlait notre état de forme tout au long de la journée et on était tous jaloux de la Colombienne qui avait les meilleures performances (habiter en altitude à Bogota, ça aide). Mais ce n’est pas pour ça qu’elle cavalait devant tout le monde!

Après moults hésitations nous avons décidé de ne pas prendre de guide. Plusieurs personnes (y compris des locaux) nous ont dit que ce n’était pas nécessaire, le sentier est clair et pas très difficile donc faisable à la seule condition de ne pas s’y aventurer seul histoire de ne pas se retrouver isolé dans la forêt au cas où il arrive quelque chose.

Nous avons choisi ce trek pour sa durée (5 ou 6 jours, pas trop long) et la beauté des paysages. Il est ouvert aux touristes depuis seulement 4 ou 5 ans et représente une bonne alternative au trek de l’Anapurna Base Camp, plus long et plus fréquenté. Et en effet, à part le 1er jour (commun à plusieurs treks de durées variables) et le dernier jour (tout le monde se retrouve au même endroit, dernier camp où il est possible de dormir sur ce trek), on a rencontré assez peu de groupes et on a pu profiter de longs moments seuls dans la forêt. C’était amusant de croiser et recroiser les mêmes personnes pendant ces 5 jours, de prendre des nouvelles et partager les impressions.

C’est parti!

Après notre soirée à peaufiner les derniers détails d’organisation, nous nous sommes donnés rendez-vous à 7h30 le lendemain pour prendre le taxi qui va nous emmener au départ du trek à environ 1 heure de route de Pokhara. Nous prévoyons de partir pour 5 nuits/6 jours.

Le jour J, tout le monde est à l’heure après avoir avalé un bon petit-déjeuner. La route est en mauvais état pendant la moitié du trajet et nous sommes contents d’arriver à Kande, notre point de départ (1750m d’altitude). Avant de s’engagner sur le sentier, passage obligé auprès des marchands tibétains qui vendent leur pacotille aux touristes. Ce n’est pas dans mes habitudes d’acheter dans ce genre de situation mais j’ai entendu parler de la vie difficile des réfugiés tibétains au Népal donc je fais ma petite contribution pour m’assurer un “good karma” pendant le trek comme dit le gars à qui j’ai acheté un porte-clé. Chacun achète une ou deux babioles et je me dis que les réfugiés doivent faire de plutôt bonnes journées en saison. Mais bon, ils sont apatrides, n’ont aucun statut officiel dans le pays et n’ont pas le droit de travailler (le Népal soigne ses relations avec la Chine, un des gros plus gros investisseurs dans le pays et contrepoids au puissant voisin indien) donc j’imagine que c’est mieux de payer trop cher pour une babiole que de faire purement et simplement la charité.

Rapidement le sentier commence à monter alors on y va doucement. Nous ne croiserons pas beaucoup de monde avant d’arriver à Australian Camp, le premier groupe de teahouses du trek, au bout d’1h30 de marche environ. Certaines personnes font juste cette petite randonnée ou continue un peu plus loin pendant 1 ou 2 jours puis redescendent. D’autres qui sont partis de Kathmandu en taxi/navette/avion le matin même y font escale pour la nuit donc l’endroit est assez fréquenté. A la sortie du camp, un agent de l’Anapurna Conservation Area vérifie que nos permis sont en règle et nous laisse continuer notre chemin jusqu’à Pitam Deurali (2100m d’altitude, environ 2h de marche) où on décide de s’arrêter pour le déjeuner, et potentiellement pour la nuit. On hésite un peu car il est encore tôt mais le camp suivant est à au moins 4 heures de marche et il n’y a aucune teahouse pour faire étape. En plus, le ciel devient menaçant et il commence à pleuvoir. Le camp de Pitam Deurali est assez petit, il y a seulement 2 teahouses. On choisit la plus moderne et on s’installe pour le déjeuner (le premier dal bhat, et on a tellement faim qu’on en redemande – c’est inclus alors pas de scrupules!). Après ça, la raison l’emporte et on décide de passer la nuit au même endroit pour reprendre des forces avant de repartir pour une longue journée le lendemain (7 heures de marche annoncées).

En voyant l’orage qui éclate peu après, on se dit qu’on a fait le bon choix! Nous passerons la soirée à jouer aux cartes et iront nous coucher tôt après le dîner.

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