Le nord de la Thaïlande

Depuis que j’ai commencé à préparer mon voyage, j’avais pour projet de m’installer un ou deux mois dans le nord de la Thaïlande, plus précisément à Chiang Mai ou dans ses environs. C’est l’un des endroits en vogue pour les nomades digitaux car l’ambiance est détendue, le climat relativement agréable (par rapport à Bangkok surtout), la nourriture est bonne et il y a tout le confort d’un pays occidental pour un budget très très raisonnable. D’après ce que j’avais pu lire et entendre, ça semblait plus correspondre à mon style et à mes attentes que le sud malgré ses plages attrayantes. Mais j’avais aussi lu beaucoup de choses sur la pollution qui y atteint des niveaux records en mars/avril donc je n’excluais tout de même pas l’idée d’aller faire un tour au sud à ce moment-là.

Le but de ce long voyage était de tester le concept de travailler en ligne en vivant à l’étranger et j’avais prévu que la Thaïlande soit la “base” où j’allais m’établir pendant 2 mois minimum (la durée initiale du visa) et plus si affinités (il est possible de prolonger le visa de 30 jours et éventuellement de 60 jours). Je voulais aussi en profiter pour faire une expérience de bénévolat en tant que prof d’anglais pour des enfants, histoire de me mettre le pied à l’étrier.

Il y a donc eu 2 périodes dans mon séjour à Chiang Mai. J’ai passé les 3 premières semaines à Chiang Mai et à Pai (une petite ville dans les montagnes, à environ 3h de route au nord-ouest) et j’ai partagé mon temps entre travail (tutorat de français sur iTalki) et visites.

La fin de mon séjour s’est faite dans une petite communauté à côté de la petite ville de San Pa Tong pour une expérience de bénévolat (combinée aux cours du iTalki). Puis j’ai finalement décidé de ne pas prolonger mon visa et de quitter la Thaïlande au bout de 60 jours pour d’autres aventures (ça fera l’objet d’un prochain article).

Chiang Mai

Pour mon premier séjour à Chiang Mai j’ai logé dans une auberge de jeunesse (Churn@Home) à quelques minutes de marche de la vieille ville pour environ 5 dollars canadiens la nuit… imbattable! En dortoir certes mais l’endroit était tout neuf et confortable, le wifi très bon et les patrons sympas. Entre ça et un budget nourriture entre 6$ et 8$ par jour, c’était une opération assez rentable. J’ai limité les dépenses en mangeant principalement dans des petits restos pour les locaux ou des stands de street food, en évitant les coffee shops et leurs boissons de luxe et me contentant de faire beaucoup de visites en marchant (ça tombe bien c’est ce que je préfère et je ne me sentais pas assez à l’aise pour louer un scooter). Je me suis quand même permises 2-3 restos à touristes (c’est là qu’il faut aller si on veut manger autre chose que des soupes de nouilles, du pad thai, des brochettes ou du riz au poulet) et quelques massages (j’ai trouvé un bon plan pour 6$ au temple Wat Si Koet) mais ils te malaxent tellement les membres et le dos que tu n’as pas forcément envie d’y aller tous les jours! Je suis ensuite revenue 2 fois à Chiang Mai et logé à deux endroits différents mais j’avoue que le quartier de cette première auberge m’a bien plu (au coin nord-est de la vieille ville).

J’ai beaucoup aimé la ville et ses multiples temples (plus de 50 m’a dit la proprio de l’auberge). Dès que j’en voyais un, j’entrais et notait ensuite l’emplacement sur Google Maps. J’avoue que mes préférés n’ont pas été les plus célèbres mais plutôt certains plus petits trouvés au gré de mes pérégrinations. La circulation est réduite car les rues sont étroites et l’ambiance est donc assez calme, exception faite des rues où se tiennent les marchés de nuit, qui sont noires de monde! (le week-end seulement)

Par contre, à Chiang Mai on trouve presque plus de touristes que de Thaïlandais. On voit beaucoup d’Occidentaux dans les rues et aussi beaucoup d’Asiatiques mais il faut savoir qu’un grand nombre d’entre eux sont Chinois et non Thaïlandais (même si on n’est pas forcément capable de les reconnaître physiquement, on entend plus parler Chinois que thaï). Chiang Mai est devenue une destination populaire pour les investisseurs et les touristes chinois depuis quelques années. Pas sûre que ça soit très bénéfique pour le charme de la ville dans le futur…

N’ayant pas de moyen de locomotion, je me suis contentée d’une seule visite en dehors de la ville, à Doi Suthep, la montagne la plus proche de Chiang Mai. Comme je n’avais pas eu beaucoup l’opportunité de faire du sport depuis mon départ de Montréal (et même de Vancouver quand j’y pense…), j’ai décidé de monter à pied par un sentier aménagé (Monk’s trail, comme son nom l’indique les moines l’empruntent pour aller prier à la pagode) un peu raide mais agréable car dans la forêt donc ombragé, et avec la chaleur ambiante, ça faisait du bien!

Concours de gros bras…

La petite pause à côté de la rivière au monastère était un moment de pur bonheur, une parenthèse de sérénité hors de la ville et hors du temps. Je suis arrivée au sommet agrémenté d’une immense pagode au bon moment pour profiter de la lumière de la fin de journée.

Un autre incontournable de Chiang Mai comme dans toutes les villes en Thaïlande ce sont bien sûr les marchés de nuit. Il y en a plusieurs de tailles diverses. Les plus célèbres sont le samedi soir dans la rue Rachadamnoen (beaucoup de nourriture mais il y avait tellement de monde, une vraie marée humaine, que je n’ai pas vraiment poussé plus loin que le “food court” dans la cour du temple où je me suis arrêtée dîner) et le dimanche autour de la porte sud. Là aussi beaucoup de stands de nourriture autour de l’enceinte de la vieille ville mais ensuite lorsqu’on s’enfonce dans les rues on trouve presque uniquement de l’artisanat (vêtements, souvenirs, épices…). J’étais surprise de ne pas trouver d’électronique/téléphonie comme au marché de Bangkok. J’en ai conclu que le marché de Chiang Mai était uniquement pour les touristes alors que la clientèle de celui de Bangkok était principalement locale…

Pai, petit coin de pa(i)radis

J’avais lu beaucoup de choses sur Pai aussi et j’étais presque sûre que j’allais m’y plaire donc je ne me suis pas éternisée à Chiang Mai et j’ai pris un minibus en direction de cette petite ville dans les montagnes. Seulement 145 kilomètres mais 3 heures d’une route de montagne sinueuse.

J’avais réservé pour 7 nuits à l’auberge de jeunesse, Up2you guesthouse, pas très chère et qui avait de très bonnes notes sur les sites de réservation. Petit moment de déception en débarquant du bus dans la rue principale de Pai… Une succession de restaurants, stands de jus de fruits, tour operators, magasins de souvenirs et de vêtements, et que des touristes dans les rues. Bon ben pour le côté charmant et authentique on repassera… Je me suis mise en route vers l’auberge de jeunesse à pied. Elle est un peu en dehors de la ville, un bon 15-20 minutes de marche de la station de bus mais je viens de passer 3 heures assise, j’ai envie de me dégourdir les jambes.

Sitôt arrivée à l’auberge, je tombe sous le charme. L’endroit est idyllique, au bord d’une rivière avec vue sur les montagnes et les champs. Les bâtiments en bois de teck et bambou ont un certain cachet et renforcent cette impression de sérénité et de communion avec la nature. Les prochains jours mon “bureau” sera la terrasse équipée de hamacs, de bancs et de matelas surplombant tout ça. Le chant des coqs de la ferme voisine feront bien marrer mes élèves (“are you outside?” “Was that a rooster?”, “oui et oui :)”)

Cerise sur le gâteau, dans un dortoir de 5 filles j’ai droit au lit en mezzanine, un espace relativement privé, ça fait du bien après quelques semaines en dortoirs plus conventionnels! Il fait frais la nuit dans le bâtiment en bambou ouvert à tous vents mais la couette bien chaude remplissait parfaitement son rôle et il était dur de s’en extirper le matin!

Je me sens tellement bien ici que j’envisage de revenir en mars après le bénévolat à San Pa Tong mais cette fois en tant que bénévole pour l’auberge de jeunesse. J’hésite car on m’a dit que mars est le pire moment de l’année à cause de la fumée qui est parfois tellement épaisse qu’elle cache les montagnes. Pour avoir vécu deux étés d’incendies en Colombie-Britannique, je sais que je n’ai pas envie de revivre ça, c’est dur pour les poumons et la tête! Finalement un incident va achever de me convaincre de ne pas revenir. Un après-midi, un des gérants de l’auberge (de la famille de la proprio?) s’est mis dans une colère noire, a saccagé le bureau de la réception et a commencé à vouloir frapper sa femme. Les cris d’une autre membre du staff ont alerté les quelques touristes présents (dont 2-3 jeunes hommes bien costauds) et le gars s’est éloigné sous les cris furieux de la proprio (mi-anglais, mi-thaï donc on n’a jamais su ce qu’il s’était vraiment passé)… ça casse un peu l’ambiance et je ne peux pas m’empêcher de me sentir mal à l’aise de rester là et en quelque sorte cautionner ce comportement… Mais bon, la proprio n’y est pour rien après tout. Je vais juste éviter de revenir.

Je vous en dirai plus sur Pai au prochain épisode…

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *