Munroe Island (Munroturuttu), là où le temps s’arrête

Comme j’ai 3 heures à tuer, je décide d’aller voir le fameux phare d’Alleppey qui est dans tous les guides touristiques. Je l’admire d’en bas, n’ayant pas le courage de monter avec mes sacs sur le dos (en plus c’était payant).  Il n’est pas au bord de la mer mais en retrait de 200 mètres environ, au milieu d’un petit jardin, donc pas très photogénique. 

Je me dirige ensuite vers la plage. Immense, sable fin, c’est joli mais il fait trop chaud pour rester dehors. Il n’y a pas un seul cocotier sur la plage malheureusement. 

Je trouve un petit café pas touristique pour deux sous où me poser pour écrire sur mes aventures à Fort Cochin en attendant le départ du train. Maintenant que mon téléphone fonctionne (depuis la veille au soir, youpi!), je bénéficie de 1.5Go de data par jour, royal, plus besoin d’aller à la chasse au wifi. J’arrive un peu en avance à la gare et trouve une salle d’attente réservée aux femmes avec sièges et ventilos, c’est parfait pour échapper au soleil qui tape dur sur le quai. 

Lever de soleil sur les backwaters

Il fait nuit quand j’arrive à Munroe Island, je chercher un tuktuk mais Vijeesh, l’hôte du homestay, est venu me chercher en scooter, sympa. 

Quand j’arrive, les autres touristes (un couple de Belges flamands) sont attablés pour le dîner, ils m’attendaient. Je pose mes sacs vite fait et les rejoints, je suis affamée. Le homestay propose une excursion dans les backwaters en canoe pour le lever du soleil, on décide tous d’y aller le lendemain. Rendez-vous est pris à 5h25 (ouch!) pour pouvoir arriver à temps au lac. 

Le réveil est dur mais ça valait le coup. Vijeesh pilote le canoe sur la rivière dont les berges commencent à se réveiller. Les chants commencent à monter du temple et l’aube pointe son nez et que la brume matinale se dissipe. On s’enfonce ensuite dans les canaux étroits des backwaters qui longent les habitations. Le ciel s’illumine de différentes couleurs au fur et à mesure que le jour se lève. On découvre les parcages d’élevage de crevettes protégés par des filets. Vijeesh nous pointe toutes sortes d’oiseaux qui dansent un ballet au dessus de la rivière et des canaux: hérons, martin-pêcheurs, milans, cormorans, etc. Quelques pêcheurs sont déjà de sortie et un gars pellete de la boue de son canoe vers la rive. Il est allé ramasser la boue au fond du lac en plongeant, un travail ingrat et difficile.  

Nous arrivons juste à temps pour voir le soleil se lever au dessus du lac et aligné avec une petite alcôve formée par une mangrove. Magique, on reste sans voix. Puis Vijeesh nous montre ses talents d’équilibriste, à voir les photos sur Instagram et TripAdvisor il aime bien frimer et se faire prendre en photo sur son canot.

On prend ensuite le chemin du retour, on s’arrête observer des femmes en train de tresser de la corde en fibres de noix de coco qui serviront ensuite à réaliser des tapis et paillassons. 

A notre arrivée on nous sert un petit-déjeuner bien mérité puis c’est l’heure de la sieste. 

On ne s’ennuie pas

Il n’y a pas beaucoup de choses à faire à Munroe Island et le village n’est pas le plus charmant que j’ai vu mais notre hôte Vijeesh nous propose des activités en alternance avec les repas et des périodes où on peut se relaxer. Il adore passer du temps avec les invités et faire partager son amour pour l’île. Au programme nous avions une visite du village en marchant où on découvre une filature de coton Khadi (tradition sponsorisée par le gouvernement pour la préserver), un entrepôt où des femmes trient encore les noix de cajou à la main (il y a aussi une usine un peu plus loin mais c’est moins pittoresque), une école et des bâtiments historiques.

Le clou de la visite est sans conteste la boutique où un gars fait des mocktails avec un style digne de Tom Cruise dans “Cocktail”. On était un groupe de 8, on a dû lui faire son après-midi… Mais une foule de locaux défilent aussi en continu ou presque. Pour 25 roupies honnêtement c’est donné. N’importe quel jus de fruits à Kochi coûtait au moins 100 roupies!

Couchers de soleil de carte postale

Plus tard nous sommes allés nous baigner au milieu de la rivière et étrenner le nouveau kayak de Vijeesh au coucher du soleil. La rivière est légèrement salée car l’eau en profondeur (plus chaude, plus de 30 degrés je dirais) vient du lac qui est connecté à la mer tandis que la surface est formée par l’eau douce (et plus froide, peut-être 25-27 degrés) des backwaters. La rivière est plutôt propre, il n’y presque pas de déchets, mais il vaut mieux prendre une douche après car le maillot de bain ressort un peu marronasse quand même… 

Un autre jour avec deux autres touristes (Kate, Katie et moi, Cathy, coïncidence amusante) nous avons pris les vélos et avons pédalé jusqu’au lac et un petit coin charmant pour regarder le soleil disparaître derrière les cocotiers au loin.

Malheureusement peu après un orage a éclaté et nous avons dû pédaler sous une pluie battante jusqu’à notre prochain arrêt, un temple hindou où se tenait une cérémonie pour le festival Kartik Poornima qui célèbre le combat victorieux de Shiva contre le démon Tripurari Purnima, aussi connu comme un festival des illuminations (bougies, feu d’artifice).

Il y a tellement de festivals en Inde, c’est dur de s’y retrouver mais en tout cas ils multiplient les occasions pour célébrer! On nous offre une portion de payasam, sorte de riz au lait qui est servie à tout les gens venus à la cérémonie. On reste jusqu’au clou du spectacle, un tir de feu d’artifice. Les gens sont en admiration même si on ne voit presque rien, les fusées étant souvent cachées par les palmiers! Kate, Katie et moi nous retenons de rire. Mais bon, je crois que la majorité des Indiens adorent les pétards et les feux d’artifice alors ils sont contents. 

Le homestay propose aussi un tour en canoe au coucher de soleil, similaire à celui du matin au milieu des backwaters et du lac mais je ne l’ai pas fait. Par contre j’ai fait un tour en kayak de 3 heures sur la rivière et au milieu des mangroves jusqu’au lac et j’ai pu admirer les filets de pêche en action depuis la mer, m’offrant un point de vue différent et plus authentique par rapport à celui de Fort Cochin. Le coucher de soleil n’était pas aussi joli que les précédents mais l’expérience était extraordinaire avec un retour de nuit pour les dernières vingt minutes. 

En général Vijeesh accompagne les touristes pour toutes les activités afin d’expliquer ce qui se passe et de montrer les meilleurs endroits. Le homestay est très populaire alors si vous voulez absolument faire une activité il faut vous arranger avec les autres personnes pour coordonner les souhaits de chacun avec l’emploi du temps de ministre de Vijeesh. En général ça se passe plutôt bien.

Une table d’hôte exceptionnelle

J’ai failli terminer cet article sans mentionner l’excellente cuisine de Saraswa, la mère de famille. Il n’y a pas beaucoup d’options pour manger dans le village mais de toutes façons après avoir goûté un repas au homestay vous voudrez en profiter au maximum et vous n’irez pas voir ailleurs! C’est raffiné et varié, tout est délicieux et en abondance, du petit-déjeuner au dîner. Tout le monde profite des repas ensemble autour de la grande table commune et une atmosphère conviviale et bon enfant s’installe rapidement entre les convives de différentes nationalités (plutôt tendance backpackers de tous âges) qui se relaient au gré des arrivées et des départs.

J’ai eu la chance de faire la petite souris dans la cuisine pour espionner ce la préparation d’un repas et je mettrai en lien l’article dès qu’il sera écrit.

Adresse: Munroe Island Backwaters Homestay

https://sites.google.com/site/munroeislandbackwaters/

(si vous réservez là-bas, dites que vous avez eu l’adresse sur le blog de Cathy, la Française qui vit au Canada)

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