Omanapuzah: un p’tit coin de paradis

J’ai été pas mal occupée entre les cours de la certification TEFL et les leçons que je donne par Skype mais je me demande aussi si, inconsciemment, je n’ai pas repoussé le moment d’écrire les deux articles à venir pour prolonger le plaisir. Je savais que j’allais plus ou moins revivre ces moments en vous les racontant mais qu’après ce serait le retour à la petite routine qui s’est installée alors je n’étais pas pressée de laisser s’envoler les souvenirs de cette semaines idyllique. 

Maintenant que je suis dans ma dernière semaine d’école et que je sais que de nouveaux beaux moments m’attendent, il est temps de me plonger dans les souvenirs de mon arrivée… 

Un petit village de pêcheurs entre la mer et la forêt

Après que Riyas m’ait ramenée à la Marari Garden Residence, je me repose un peu et ressort en fin d’après-midi pour profiter du coucher de soleil à la plage qui est à 10 minutes de marche à peine.

Le homestay compte 2 chambres seulement et n’est pas des plus chaleureux mais il est propre, confortable et Silvester, le proprio, est aux petits soins. Il gère aussi un autre homestay (Marari Garden Home) qui a l’air un peu plus grand et que je recommande si vous voyagez en solo et voulez avoir plus de chances de rencontrer du monde. 

Pour aller à la plage, il faut traverser le village. Il y a des chemins qui traversent la forêt mais Silvester m’a plutôt conseillé de passer par la rue principale. Je croise pas mal de monde, j’enchaîne les sourires et les coucous de la main, j’imagine que les touristes ne déferlent pas en masse dans le village et je ne passe pas inaperçue. Je vois un ado avec un maillot du PSG au nom de Killian M’Bappé, je trouve ça drôle, je ne savais pas encore à quel point les gens du Kerala sont des fans de foot. 

Les gens se dirigent eux aussi vers la plage, certains hommes s’arrêtent à la buvette en chemin. C’est joli et paisible, je suis sous le charme. De petites chapelles marquent la fin des rues, juste avant la plage. Elles ont dû avoir une fonction dans le passé, il faudra que je me renseigne… Apparemment certaines sont encore en activité (catholique ou hindoue) mais je doute qu’elles le soient toutes. 

La plage, qui à l’origine devait s’étendre sur des kilomètres, est entrecoupée de digues composées de gros rocs qui la sépare en un chapelet de petites plages. Elle sont bordées de palmiers, de quelques habitations et d’une petite route. Un homme pêche des coquillages, deux gamins jouent au foot, un chien erre et un père est venu se promener avec son fils. Les gamins viennent me demander si j’ai des stylos à leur donner et l’un d’eux veut absolument que je les prenne en photo (son pote n’a pas l’air ravi). En apprenant que je viens de France, ils me parlent de M’Bappé et Griezman dont ils s’amusent à imiter les exploits sur leur terrain de sable. 

Je prends quelques photos et j’observe le ballet des habitants qui viennent se promener ou se retrouver entre amis sur la plage après la journée de travail. Un groupe de gamins se baigne et me fait signe. Je prends tranquillement le chemin du retour. Je suis presque arrivée à la résidence quand je m’aperçois que le ciel est devenu tout rose et que le coucher de soleil a l’air magnifique. J’hésite un peu mais je décide de tenter ma chance à travers la forêt pour essayer de trouver une plage. D’après mes estimations, on doit être à 5 minutes de la mer et maintenant je connais la direction à suivre. 

Je m’aventure donc dans les méandres de la ruelle qui s’enfonce dans la forêt. Je traverse un petit village de pêcheurs dont les maisons sont nichées au milieu des palmiers, entre des canaux étroits (les backwaters) qui servaient autrefois de voies de circulation mais ont progressivement été délaissées au profit de la route. J’enchaîne de nouveaux les sourires et les signes de la main à quasiment chaque maison. C’est magique… et soudain, c’est le drame…

Sous bonne protection

J’ai la plage en ligne de mire, il me reste 50 mètres à parcourir et là se dressent sur mon chemin deux chiennes qui protègent leur portée. Alors je sais bien que je ne suis pas face à un ours canadien certes, mais je sais aussi qu’une femelle qui protège ses petits, ça peut être méchant et la rage est encore bien présente dans le pays donc je n’ai pas envie de me faire mordre. Je recule un peu, j’essaie de trouver un autre chemin mais je ne vois pas comment je vais pouvoir passer ce barrage… 

Des habitants viennent alors à mon aide et crient sur les chiennes pour les faire fuir. OK bon c’était pas si compliqué que ça en fait, je m’équiperai d’un bâton pour le retour et ça ira 🙂 Les villageois n’ont pas l’air très riches et personne ne parle anglais mais l’ambiance est sympathique. 

Bon avec tout ça j’ai un peu traîné et j’arrive un poil trop tard pour les plus belles couleurs du coucher de soleil donc je rebrousse rapidement chemin. Je rentre à moitié dans le noir mais je ne me suis pas perdue. 

La magie continue le lendemain

Je décide de retourner me balader dans le village le matin et de partir après le déjeuner. Cette fois j’emporte quelques stylos avec moi au cas où je croise des gamins. Je me dis qu’il y a des chances qu’ils soient à l’école mais malheureusement j’ai l’impression que tous n’ont pas cette chance. 

C’est toujours aussi joli…
Je reprends le chemin de la plage et la longe jusqu’à la rue principale où j’ai repéré un resto pour le déjeuner. Malheureusement j’arrive un peu tard pour voir les pêcheurs à l’oeuvre, ils ont déjà remballé les filets. 

Je suis toute seule dans le restaurant, face à la mer, le café est bon… J’aperçois même un dauphin passer au large de la plage. Dommage, il ne se remontrera pas mais c’était la cerise sur le gâteau.

J’en profite pour écrire un peu et je décide de commander à manger pour le déjeuner. Il est midi passé mais le serveur me regarde d’un air mi-gêné mi-paniqué et il me laisse entendre qu’ils ne sont pas prêts. Comme je ne vois pas de touristes dans l’hôtel actuellement j’imagine qu’ils n’avaient pas prévu de servir le déjeuner. Je lui dit que je peux attendre un peu si ça l’arrange. Le mec se reprend vite et se souvient qu’ici “no problem” est la réponse attendue quoi que tu demandes (même s’il y a un problème c’est “no problem” et on va trouver une solution). Donc voilà la question est réglée, je commande et au final je n’ai même pas attendu très longtemps mon curry de poisson. Une autre touriste arrive et il se trouve qu’elle est Française, elle est venue faire un stage en ayurveda. On discute un peu puis je rentre à la résidence.

Départ pour Munroe Island

Silvester me conseille de laisser passer les heures les plus chaudes de la journée puis de prendre le bus vers 16h donc je m’installe pour travailler sur le blog. Soudain je reçois un message de Vijeesh, mon prochain hôte qui veut savoir où j’en suis. Quand il apprend que je compte prendre le bus, il me dit que le train est beaucoup plus pratique et économique car il arrive directement dans le village et qu’il y en a un qui part très bientôt de la gare d’Alleppey et que je peux peut-être l’avoir. Branle-bas de combat, je remballe mes affaires en vitesse et Silvester m’appelle un tuk-tuk qui est là en moins de 2 minutes (mais où se planquait-il?). Manque de bol, on doit s’arrêter à un passage à niveau pour laisser passer un train (le mien?) et malgré les conseils avisés de Vijeesh (“tell the driver to drive faster” “hum, not possible, I told you the gate is closed because of the train, we can’t drive…”), je n’arrive pas à temps à la gare. Je me suis dépêchée pour rien et maintenant j’ai 3h à patienter à Alleppey chargée de mes gros sacs… Oh well, no problem, comme on dit ici. 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *