Jour 4: Sightseeing (visites touristiques)

En grève

Clinton m’a dit qu’il y avait des plages à Vyppin island, accessibles facilement avec un traversier (ferry pour les non-québécois) pour quelques roupies puis ensuite par le bus. N’ayant rien de spécial de prévu je décide d’aller y faire un tour.

Arrivée au ferry, un tuk tuk me dit qu’il n’y a pas de bus en ville ni à Vyppin pour une raison que je ne comprends pas et me propose de louer ses services pour visiter la ville plutôt que d’aller à Vyppin. Ne sachant pas si je peux lui faire confiance, je décide quand même de monter dans le traversier, ça me fera une balade et je pourrai peut-être au minimum explorer les environs et aller voir les filets de pêche de l’autre côté. Pour 3 roupies (quelques centimes de dollars et d’euros) ça ne coûte presque rien d’essayer.

A Vyppin effectivement on me confirme qu’il n’y a pas de bus… Clinton m’ayant dit que la plage était assez loin en tuk tuk je rebrousse chemin. Cheraia beach ce sera pour une autre fois (ou pas car on m’a dit depuis que c’était franchement pas terrible comparé à celles que j’ai vu depuis, que l’eau ou la plage étaient sale).

Balade en tuk tuk avec Mr T

Je m’arrête prendre quelques photos à l’embarcadère de Fort Cochin le temps de réfléchir à la suite. Un autre chauffeur de tuk tuk m’aborde pour me proposer ses services. Je dis non mais j’hésite, il est encore tôt et je ne sais vraiment pas quoi faire de ma journée… Les sites qu’il me reste à visiter sont trop loin pour y aller à pied alors le tuk tuk c’est tentant.

Les touristes ne sont pas légion en ville donc mon chauffeur (Thaksur aka Mr T) ne lâche pas sa proie, et il est marrant, jovial, alors on finit par se mettre d’accord sur un prix tout à fait raisonnable et on se met en route pour les visites. Je lui dis que je lui fais confiance parce qu’on m’a recommandé de ne pas monter seule dans un tuk tuk, ça le fait marrer et il sera aux petits soins pour me rassurer. Je prends quand même une photo de sa plaque au cas où.

Le temple Jain et la Ginger Warehouse

Premier arrêt au temple jain. Petit, rien de comparable aux splendides temples jain du Rajasthan.

Ensuite Mr T veut m’emmener dans un entrepôt à gingembre. Apparemment c’est non négotiable… On ne peut pas dire que l’endroit me rassure. Il s’arrête devant un vieux bâtiment dans une petite rue. Un tuk tuk est déjà garé devant et il échange 3 mots avec Mr T qui me fait signe “Ginger warehouse, come in, come, come.” C’est bien décrépit, il y a une entrée sombre à traverser avant de déboucher sur une grande cour intérieure qui dessert plusieurs salles. Il me précède vers l’une des salle et me dit de venir voir comment ils trient le gingembre. J’y vais à reculons… sur mes gardes en cherchant la sortie la plus proche et m’imaginant le pire.

Au final on va effectivement voir des hommes et des femmes trier des tubercules de gingembre dans une poussière difficilement supportable. “Come in come in, it’s ok, take pictures!” Ok si tu veux, je sors mon téléphone et je prends 2-3 photos mais sans rentrer dans la pièce. En repartant je vois d’autres touristes qui arrivent, je comprends alors que ça fait partie du circuit touristique des rickshaws. Il y a un petit magasin d’épices à l’étage, d’après les panneaux une coopérative gérée par des femmes (j’imagine que Mr T touche une commission sur les achats des gens qu’il amène). Je dis que je vais monter voir et Mr T cache un sourire un coin “Are you sure?” Ouais bon ça va hein, pas la peine de se moquer…

 

Là haut les femmes font déguster des tisanes à base d’herbes et présentent les sachets d’épices. Je résiste à la tentation d’acheter des trucs que je devrais me trimballer pendant 6 mois dans le sac à dos et on repart.

Mattancherry Palace

Direction le Mattancherry Palace (ou Dutch Palace). Initialement offert par les Portugais au maharadja de Cochin, ce sont ensuite les hollandais qui l’ont renové ainsi que les rajas suivants. C’est petit, l’extérieur est banal et le principal intérêt, à moins d’être passionné d’histoire indienne de l’époque coloniale, se trouve dans la première salle peinte avec une impressionante fresque murale (mais là encore j’en avais déjà vu plein au Rajasthan) et dans les salles où sont exposés des costumes d’époque et des palanquins . Je m’amuse à faire quelques photos à travers les persiennes puis passe rapidement d’une salle à l’autre.

On est samedi donc je ne pourrai pas visiter la synagogue qui se trouve derrière le palais (c’est pour ça qu’à l’origine je voulais venir le dimanche avant le changement de programme).

Lavoir à l’ancienne

Mr T m’emmène ensuite au lavoir. Un lavoir à l’ancienne où on lave et repasse encore à la main. Ce sont les hollandais qui l’ont créé, c’est organisé, carré et étudié pour être productif.
Le séchage se fait sur les fils à linge en corde tressée (pas besoin d’épingle à linge, on coince juste le tissu entre les cordes) ou à la sécheuse électrique en saison des pluies.
Le repassage est au fer électrique sauf pour un gars qui fait le show pour les touristes avec son fer à charbon à l’ancienne. Apparemment le lavoir est encore en activité pour répondre aux besoins des hôtels et homestays.

On est encore en basse saison touristique donc je suis presque la seule étrangère à me balader là, c’est chouette pour les photos et je fais de mon mieux pour apprivoiser mon nouvel appareil.

Je dois reconnaître que sans Mr T je n’aurais pas vu l’entrepôt à gingembre ni le lavoir. Au final j’ai bien aimé ces deux endroits, comme quoi parfois il faut savoir faire confiance et suivre son intuition.

La tournée des échopes

Avant de me déposer au resto pour le déjeuner, Mr T me demande si j’accepte de lui rendre service et de visiter des magasins gouvernementaux (sans obligation d’achat mais si j’achète il touche 2%) pour qu’il puisse obtenir ses tickets d’essence. Maintenant que je suis au courant, et comme il s’est bien occupé de moi, j’accepte et nous voilà repartis. Je ne veux rien acheter aujourd’hui mais c’est l’occasion de voir un peu la qualité et les prix des produits et de pratiquer (involontairement) l’art de la négociation. Dans le premier magasin où on rentre, je suis prise en charge par un vendeur qui me trimballe d’une pièce à l’autre. Je marque une pause dans la salle des étoles (je résiste difficilement à un joli foulard…) et aussitôt le gars entame la démonstration. Un modèle me plaît bien ($1800 roupies soit environ $30), c’est tentant mais je dis que je ne veux rien acheter. Il baissera successivement le prix à 1500 puis 1200, “900 sera mon dernier prix, qu’est-ce qui te retiens d’acheter?” Ben je ne veux juste rien acheter aujourd’hui, merci, bye. Ce sera la même chose dans les magasins suivants mais comme j’ai faim je coupe court aux négociations.

La qualité des produits a l’air bonne mais c’est dur à dire, je n’y connais rien. Une étole en laine coûte quand même au minimum $20 pour les moins chères mais ça peut vite monter pour du vrai pashmina. Il y a des petits foulards moins chers mais la qualité n’est pas terrible pour le coup.
Ca reste peut-être une bonne affaire par rapport à l’Europe ou au Canada mais je ne suis pas venue ici pour faire du shopping (sauf pour me vêtir au quotidien). Ces visites étaient instructives mais bon je suis toujours nulle pour négocier avec quelqu’un qui est sympa…

Pour me remercier de m’être laissée trimballer de magasin en magasin, Mr T me propose de conduire le tuk tuk dans une rue calme… Ok, let’s go! J’avoue je n’ai quand même pas trop osé pousser l’accélérateur… Ca se conduit un peu comme une mobylette.

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