Le blues de l’expat’: expatriation et amitié, c’est pas simple

Un article uniquement en français aujourd’hui pour parler du “blues de l’expat” et des états d’âmes qui animent la plupart des expatriés à travers le monde, quelle que soit leur nationalité. Je suis tombée par hasard sur un article que j’avais publié sur mon ancien blog il y a plus de 7 ans, 1 an après mon arrivée au Canada et j’ai réalisé que quelle que soit la durée de l’expatriation, les questions restent les mêmes au fil du temps!

C’est un sujet tellement vaste que cet article est le premier d’une série tirée de ma propre expérience et de celle d’autres voyageurs et expatriés.

L’un reste, l’autre part: être expatrié, c’est souvent vivre des amitiés “temporaires” au fil des arrivées et des départs dans votre petite communauté d’expats.  

Bien sûr, certaines de ces amitiés seront pour la vie, mais un certain nombre se poursuivront à distance, et certaines n’y résisteront pas. Evidemment, c’est la même chose si vous habitez encore dans votre pays d’origine, la mobilité professionnelle étant de plus en plus développée, il est fréquent de faire face à ce genre de situation, mais les distances sont moindres et vous évoluez encore dans le même contexte culturel.

L’un reste, l’autre part, c’est le titre d’un film de 2015 mais c’est aussi un leitmotiv de l’expatriation, encore plus quand on vient dans un pays en PVT. Certains viennent seulement pour 1 ou 2 ans, certains décident de rester, d’autres voudraient rester mais doivent repartir, il y a autant d’histoires que de PVTistes et il est difficile de prévoir comment son PVT ou son expatriation va se dérouler et se terminer.

Les amis qui vont qui viennent sont une des difficultés de l’expatriation et c’est celui qui est le plus d’actualité pour moi donc je l’ai mis en tête de liste.

Au fil des 9 ans passés à Vancouver, on en a connus des départs

Parfois plusieurs dans la même année dans les pires périodes. A chaque fois, on vit un petit (ou gros) coup de blues. Et rien n’est jamais acquis. Je crois que le pire, ce sont ces départs “surprises”… Quand on pense que les amis sont là pour toujours et qu’ils décident subitement de rentrer au pays ou de tenter l’aventure ailleurs pour des raisons personnelles ou professionnelles (voire les deux). On aimerait se dire qu’on devient blasés mais non, c’est toujours compliqué à vivre.

Et souvent on questionne ses propres choix:
Où en suis-je dans ma vie?
Est-ce que c’est vraiment ça que je veux?
Quelles sont mes perspectives ici?
Et si moi aussi je partais, est-ce que ça serait différent/mieux ailleurs?
Et si je rentrais au pays? etc
Parfois la réponse est évidente tellement votre nouvelle vie vous plaît mais parfois c’est plus nuancé et une accumulation de petites choses peut faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre.

Evidemment, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Tout est une question de choix personnel. Ce genre de questionnement est toujours positif car il vous permet de réfléchir à vos besoins et vos objectifs et parfois on a juste besoin de ça pour se rendre compte qu’en fait on est bien là où on est (l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, elle est juste différente!) ou pour trouver la motivation pour accomplir nos rêves!

On se dit qu’on ne devrait sympathiser qu’avec des gens qui sont là sur du long terme

Déjà, comme je l’ai dit plus haut, il y a toujours des départs surprises. Et on ne choisit pas avec qui on va bien s’entendre. Ce serait bête de se priver d’une belle amitié de peur que l’autre s’en aille.

On aurait certes pu éviter de fréquenter ces “gens de passage”, refuser la tentation de la facilité de constituer un cercle d’amis francophones à notre arrivée ici mais on a rencontré des personnes sympas, vivant la même expérience que nous, aussi disponibles et curieux de découvrir la ville et ses environs alors forcément, qu’on le veuille ou non, des liens se sont créés petit à petit. Dans cet univers qui nous est étranger, dont on n’a pas tous les codes, ça fait du bien de se retrouver entourés de personnes avec qui on partage la même langue, les mêmes références culturelles et le même humour (vous ne réaliserez pas à quel point l’humour à la canadienne est différent du nôtre avant d’avoir froissé quelqu’un en utilisant le second degré! Ou quand vous vous serez senti bien seul quand personne ne comprendra votre référence au Père Noel est une ordure ou la Cité de la Peur). Et on se rend compte que ces liens entre expatriés sont très forts. On s’entraide rapidement, on célèbre les fêtes traditionnellement familiales ensembles…

Loin de nos proches, ces nouveaux amis deviennent notre seconde famille, et tous les bons moments aident à faire passer le reste.

La suite au prochain épisode…

Si vous avez rencontré ce genre de situation, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour nous dire comment vous vivez les départs, si vous vous liez d’amitié avec des gens de passage et quels sont vos trucs pour surmonter les moments de blues!

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